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Reportage TEMPS PRÉSENT de la RTS
"Quand je serai vieux, je serai pauvre"

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 Globule rouge N°19

samedi 6 février 2010

Publication du POP

février 2010

No 19

« Le marteau et l’enclume »


Le coup de gueule de Pierluigi Fedele Secrétaire régional syndicat Unia

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20 milliards de francs ! Le commun des mortels éprouve des difficultés à imaginer des sommes d’argent pareilles.

Et bien cette somme, 20 milliards de francs, représente le bénéfice réalisé par les caisses de pensions suisses ces dernières années. 20 milliards de bénéfice annuel, uniquement sur le résultat d’exploitation. Sans considérer les rendements boursiers. En résumé, une fois toutes les rentes versées (retraités, invalides, survivants, etc.), une fois les prestations futures assurées, une fois les frais administratifs payés, il reste dans les caisses de pensions, 20 milliards de francs cash !

Pour l’année 2009, si on ajoute les bénéfices réalisés en bourse, c’est entre 80 et 100 milliards de bénéfices que les caisses de pension ont réalisés. Avec cette réserve, nous pourrions arrêter de cotiser pendant trois ans en assurant le versement des rentes !

Certes, en bourse, les années se suivent et ne se ressemblent pas forcément (voir l’année 2008). Mais la prévoyance professionnelle se gère sur une durée de 60 ans (40 ans de cotisations, donc de travail et 20 ans de rentes, donc de retraite méritée). Et le taux de rendement moyen des marchés boursiers depuis l’introduction de la LPP est bien supérieur au taux fixé chaque année (et réduit chaque année depuis quelques temps) par le Conseil fédéral.

Trois questions

A ce stade, trois questions me viennent à l’esprit :

• qui peut prétendre que le système est en danger et que la baisse des rentes est nécessaire ?

• qui mène une campagne en sourdine chez les retraités en utilisant l’argument (ou plutôt le mensonge) de la mise en danger de leurs rentes futures en cas de refus de la baisse du taux de conversion ?

• où sont passés les milliards de bénéfices réalisés pendant vingt ans. Milliards dont les assurés n’ont jamais vu la couleur ?

Aux deux premières questions la réponse est claire : les compagnies d’assurances privées. Les mêmes qui ont bénéficié (réponse à la troisième question) des milliards du deuxième pilier, ont dilapidé les fonds des assurés par des opérations boursières douteuses, facturent des frais administratifs exorbitants et font porter l’ensemble du risque aux travailleurs et rentiers, au bénéfice exclusif des actionnaires.

Cette décision n’est destinée qu’à augmenter les profits des grands groupes d’assurance et de réduire l’importance des deux premiers piliers, qui constituent une assurance sociale, collective et solidaire, au profit de l’augmentation des contrats de prévoyance individuelle (3ème pilier). Avec de juteux profits au bout du compte.

L’utilisation de l’argument de l’augmentation de l’espérance de vie est un aveu de faiblesse de la part des opposants au référendum. Parce que cet élément a été pris en compte lors de la révision de 2003 (pour la période de 1990 environ à 2003). Cette révision est en marche actuellement et prévoit déjà la baisse du taux de conversion de 7,2% à 6,8% jusqu’en 2015. Plutôt que d’attendre cette échéance, les élus du peuple (mais également représentants des assureurs privés) ont remis une couche en voulant passer de 6,8% à 6,4%.

Faux argument

L’argument de l’augmentation de l’espérance de vie ne tient pas. Pour 4 raisons.

1) l’espérance de vie peut s’évaluer sur une période écoulée et pas « pronostiquée » pour l’avenir.

2) les courbes d’espérance de vie des femmes ont plutôt une tendance à la baisse ces dernières années.

3) l’espérance de vie ne va pas augmenter indéfiniment, les limites biologiques sont bientôt atteintes.

4) cet aspect a été pris en compte dans la dernière révision.

Mieux, quand on les entend, on va devoir bientôt s’excuser de vivre plus longtemps et en meilleure santé. Non, cet argument est là pour masquer le malaise à défendre une décision qui ne repose sur aucune analyse financière concrète.

Le peuple suisse doit renvoyer ces escrocs à leurs études et refuser ce qui peut être qualifié de hold-up du siècle.

Le 7 mars NON au vol des rentes


Mots d’ordres du POP jurassien :

Recherche sur l’être humain OUI

Initiative pour l’institution d’un avocat de la protection des animaux OUI

Loi sur la prévoyance professonnelle vieillesse, survivants et invalidité (LPP) NON





Attention ! Page de couverture, pour voir le numéro complet téléchargez Le globule rouge N°19"

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