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 Actus POP - Votations du 29 novembre - OUI pour l’interdiction d’exporter du matériel de guerre

vendredi 23 octobre 2009

Le 29 novembre, nous serons appelés aux urnes pour nous prononcer sur l’initiative lancée par le Groupe pour une Suisse Sans Armée, qui demande l’interdiction d’exporter du matériel de guerre. Le Comité central du Parti Suisse du Travail - POP a confirmé son soutien à l’initiative dans sa dernière séance.

La campagne de soutien à l’initiative est déjà commencée. Toute la gauche se mobilise pour combattre ce commerce peu glorieux admis dans notre pays.

Pour présenter la problématique de l’initiative, il est bon de commencer par un exemple un peu éloigné. En Colombie, l’État tolère la production et le trafic de cocaïne, une attitude déplorable. Les effets ravageurs de la cocaïne sur le physique humain sont reconnus par tous les bien-pensants de notre pays. Jamais ils ne pourraient moralement accepter qu’une telle pratique commerciale soit admise en Suisse. Preuve en est qu’ils ont même refusé de dépénaliser la consommation du cannabis.

Néanmoins pour ce qui concerne l’exportation d’armes, la droite s’insurge contre l’initiative, pour défendre l’économie et, comble du comble, les places de travail.

En effet, lorsqu’on parle d’armes, le discours sur la moralité du commerce change radicalement. Exporter des armes serait acceptable selon la droite. A entendre ses représentants, nous pourrions continuer à vendre du matériel de guerre, bien que ce marché soit au moins autant destructeur de vies humaines que la cocaïne. Mais pourquoi alors la droite moraliste relativise ses positions ?

La seule explication possible réside dans les intérêts économiques que la droite défend. Le marché de l’exportation de matériel de guerre est, pour certains milieux économiques suisses, trop important pour qu’on s’arrête à des questions moralement problématiques, comme le fait de soutenir des nombreuses guerres dans le monde.

Sans (trop) se soucier où les armes seront utilisées, les entreprises suisses productrices de matériel de guerre en vendent partout sur la planète. En 2008 les entreprises suisses ont vendu du matériel de guerre à 72 pays. Parmi eux nous trouvons des nombreux pays en guerre, notamment l’Inde et le Pakistan. Le gouvernement de Karachi est le premier client des fabriques d’armes suisses, même avant les pays européens et les Etats Unis.

Les représentants du lobby de l’armement suisse combattent ainsi l’initiative du GSSA par peur de perdre leurs profits. Mais l’argent gagné avec ce commerce est décidément sale.

Premièrement parce que l’utilisation de ce type de production industrielle est destiné, par définition, à massacrer des être humains. Il serait difficile d’argumenter différemment dans le cas de la vente de canons et mitraillettes.

Mais de manière encore plus honteuse, il faut dire que les entreprises d’armement suisses gagnent de l’argent en contribuant à entretenir des guerres, surtout dans le Tiers Monde. Est-ce que nous sommes assez cyniques pour vendre un fusil à quelqu’un qui est prêt à tirer sur un autre être humain, et ceci parce que c’est bon pour l’économie ? Et que dire de la neutralité suisse ? Sommes-nous équitables envers tous et donc neutres parce que nous vendons des armes à tout le monde ?

Le doute qui peut rester sur cette question est la perte de places de travail en Suisse. Cependant la crédibilité des forces politiques bourgeoises n’est pas très grande dans ce domaine. Il s’agit en effet, des mêmes forces politiques qui, en ce moment de crise, entendent couper les prestations de l’assurance chômage ou qui représentent les milieux patronaux qui n’hésitent pas à licencier, tout en se garantissant leur part des profits.

De plus l’initiative prévoit des plans de reconversion de l’industrie de guerre suisse. Cette reconversion aurait des effets bénéfiques pour l’image internationale de notre pays. Mais aussi elle permettrait à la production industrielle suisse de devenir plus utile à tout le monde, au peuple suisse en premier lieu.

Enfin, les investissements dans le secteur de l’armement, s’ils sont réorientés vers d’autres secteurs, pourraient même être plus rentables, contrairement à ce que disent les opposants à l’initiative. Une reconversion pourrait relancer des secteurs industriels qui aujourd’hui auraient besoin de grands investissements, notamment dans le secteur de l’énergie.

La triste situation du marché des armes en Suisse est donc doublement honteuse, non seulement parce que ce commerce entretient des conflits, mais surtout parce que ces entreprises d’armement suisses y spéculent et en tirent des profits. C’est pour ces raisons qu’il faudra voter oui le 29 novembre, pour interdire l’exportation d’engins de mort.