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Reportage TEMPS PRÉSENT de la RTS
"Quand je serai vieux, je serai pauvre"

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 Gauchebdo - N° 21 / 24 mai 2008 - VOTATIONS COMMUNALES A DELEMONT - Un affaiblissement de la démocratie - Le POP appelle à rejeter le projet de réforme de l’organisation politique communale

jeudi 29 mai 2008

Nous avons déjà évoqué le problème de la diminution du nombre d’élus à l’exécutif (voir notre édition du 18 avril). En plus du maire, les conseillers communaux, ne seraient plus que quatre au lieu de six. Dans la même révision, on nous propose aussi de diminuer le nombre de conseillers de ville (législatif) de 51 à 41. Il est vrai que les villes neuchâteloises se contentent de ce nombre, ainsi que Porrentruy et Moutier. Mais les conseils généraux neuchâtelois sont bien plus anciens et les traditions politiques un peu différentes. Le nombre de candidats par rapport au nombre de sièges est en général nettement supérieur dans le Jura. A Delémont, ne pas présenter au moins 25 candidats pour remplir la liste passe pour un aveu de faiblesse. Et si on compare avec les villes jurassiennes, il faut tenir compte que Delémont (11500 hab.) est 1,7 fois plus peuplé que Porrentruy et 1,5 fois que Moutier.

Si à Genève (sauf au chef-lieu), les législatifs communaux comptent moins de membres, on trouve 50 membres dans les petites villes fribourgeoises, 60 dans les villes valaisannes et bien davantage dans le canton de Vaud. Si Delémont était vaudoise, elle aurait l’obligation d’en avoir au moins 70 et pourrait aller jusqu’à 100.

Une meilleure représentativité

On sait bien qu’indépendamment de leurs qualités personnelles, les professions des candidats ont une influence. Un avocat ou un médecin sont pratiquement sûrs d’être élus, tandis que c’est nettement plus difficile pour des ouvriers, de même pour les jeunes et surtout pour des candidats dont les noms ne sont pas d’origine suisse, ni de pays voisins ou latins.

En 2004, trois jeunes de moins de 30 ans figuraient parmi les 51 élus, mais aucun ne l’aurait été s’il n’y en avait eu que 41. Aujourd’hui, un est membre de l’exécutif et les deux autres siègent au bureau du Conseil de ville. Doit-on vraiment rendre plus difficile l’accès des jeunes à la vie politique communale ?

Le POP et Combat socialiste (CS-POP) s’oppose à la révision du règlement communal, soutenue par le PDC et le PS. Quant aux autres partis, ils s’y sont opposés au Conseil de ville mais n’apparaissent guère dans la campagne sur le sujet.

Energie et développement durable

Le second objet soumis aux Delémontains concerne le financement de la politique énergétique et de développement durable et la création d’un poste de délégué, qui serait notamment chargé de veiller à une utilisation économe de l’énergie dans les bâtiments communaux, de sensibiliser population et entreprises et contribuer à définir une politique de développement durable de la ville. Une taxe de 0,4 cts par kWh, soit environ 14.- par an pour un ménage moyen serait affectée à cela. Une somme que beaucoup pourraient peut-être facilement retrouver grâce aux conseils d’économies du délégué.

Mais c’en est trop pour la droite, et notamment pour les libéraux-radicaux qui ont lancé le référendum, au nom de la défense du pouvoir d’achat. Si seulement ils avaient parfois en d’autres occasions le souci du pouvoir d’achat des plus démunis.

CS-POP et l’ensemble de la gauche appellent à voter oui à cet objet.

Jean-Pierre Kohler