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Reportage TEMPS PRÉSENT de la RTS
"Quand je serai vieux, je serai pauvre"

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 Gauchebdo - Tant qu’à économiser, autant le faire intelligemment

lundi 3 novembre 2008

Le Syndicat des enseignants jurassiens à présenté ses revendications au gouvernement.

En avril dernier, le Gouvernement jurassien a présenté un programme de 51 mesures visant à assainir durablement les finances cantonales. Tous les domaines sont concernés, les salaires aussi, évidemment.
- Il est rapidement apparu que les efforts demandés à la fonction publique étaient incontournables. Tous les partis politiques jurassiens, sauf le POP et ses alliés de Combat socialiste et les Verts, se sont immédiatement déclarés favorables à ce programme, précisément parce qu’il prévoyait un partage des efforts à fournir.
- La Coordination des syndicats de la fonction publique jurassienne (CDS) a donc abordé la problématique davantage sous l’angle de l’aménagement des mesures proposées. Pour le personnel administratif, le Gouvernement a repris une ancienne revendication syndicale demandant de diminuer le temps de travail de 2 heures (de 42 à 40) en réduisant les salaires de l’équivalent d’une seule heure. Sachant que des réductions d’effectifs sont également envisagées, la CDS a revendiqué, et obtenu, qu’une commission Etat/Syndicats soit constituée pour assurer le suivi de l’application de la mesure. Il s’agit en effet de vérifier que celle-ci n’implique pas une intensification du travail des fonctionnaires (être moins pour faire la même chose en moins de temps).

Eviter la stagnation salariale

La CDS est entrée en matière pour introduire la mesure une année plus vite que prévu car le Gouvernement s’est engagé à maintenir les salaires acquis jusqu’à ce que le renchérissement cumulé atteigne la baisse prévue, à savoir 2,38%. Le taux de renchérissement important prévisible pour cette année 2008 permettra de digérer rapidement cette différence, ce qui évitera une stagnation des salaires sur plusieurs années.

Vous avez dit pénibilité ?

Du côté de l’enseignement, le Gouvernement proposait de supprimer une des deux leçons d’allègement pour raison d’âge dès 50 ans. D’emblée, le Syndicat des enseignants jurassiens (SEJ) s’est opposé à cette mesure. D’une part, la pénibilité de la profession enseignante doit être reconnue, d’autre part, la suppression de cette leçon avait des implications non négligeables sur l’emploi des enseignants auxiliaires.
- En s’appuyant sur ces deux principes, le SEJ a recherché une solution assurant l’économie escomptée pour l’Etat et les communes. Dans sa réflexion, le syndicat a constaté d’abord que le système administratif appliqué à l’allègement pour raison d’âge fait que nombre d’enseignants à temps partiel ne prennent pas d’allègement mais voient leur salaire augmenté. Situation qui n’est pas forcément due à un choix, mais souvent lié à l’organisation des établissements scolaires. Les enseignants à temps complet sont par contre tenus de prendre les deux leçons d’allègement, ce qui est mieux aux yeux du SEJ. Ainsi, la première proposition du SEJ est d’introduire un système qui accorde à l’enseignant un allègement pour raison d’âge proportionnel à son taux d’activité.

13 échelons, pas un de plus

Ensuite, l’échelle des traitements des enseignants compte onze annuités. Pour simplifier, 13 échelons d’augmentation sont répartis sur ces 11 annuités. Sauf pour les salaires les plus élevés qui bénéficient de 14 échelons d’augmentation, toujours sur 11 annuités. Les raisons de cette différence sont historiques et remontent à l’époque bernoise. D’où la seconde proposition du SEJ : appliquer 13 échelons d’augmentation à toutes les classes salariales des enseignants.
- La troisième proposition du SEJ, pour atteindre l’économie prévue, est que les enseignants abandonnent 0,75% du prochain renchérissement.

Fructueuses négociations

En cherchant à éliminer ce qu’il faut bien appeler des inégalités entre enseignants, il était clair que les économies ainsi réalisées s’avéreraient plus importantes que celles souhaitées par le Gouvernement, ceci en raison surtout de la mécanique particulière de la répartition des charges d’enseignement entre l’Etat et les communes dans le Jura. Mais le SEJ, tant qu’à passer à la caisse, préférait que des solutions réfléchies, rétablissant une équité entre enseignants, soient retenues. Ce que les membres du syndicat eux-mêmes ont compris en acceptant largement ces propositions lors d’un Congrès extraordinaire.
- Les propositions de la CDS permettent à l’Etat de réaliser des économies plus rapidement que prévu, plus importantes qu’escomptées, et plus durables que celles proposées par le Gouvernement. C’est pourquoi elle a soumis au Gouvernement un protocole d’accord prévoyant l’ouverture de négociations, à moyen terme, sur une revalorisation globale des salaires de la fonction publique, en récupérant ainsi partiellement au passage la contribution de solidarité, et les renchérissements non accordés totalement durant les 10 à 15 dernières années.
- La bonne intelligence qui a présidé aux premiers échanges permet aux syndicats d’avoir bon espoir sur ce point.

Rémy Meury