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Reportage TEMPS PRÉSENT de la RTS
"Quand je serai vieux, je serai pauvre"

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 Gauchebdo - N° 16 / 18 avril 2008 - Les élus enlèvent le siège - Augmentation du temps de travail communal et perte de représentativité sont en jeu.

lundi 21 avril 2008

Le Conseil de Ville (législatif) de Delémont a accepté les propositions de l’exécutif visant à réduire le nombre des membres des autorités communales. Si le peuple accepte la révision du règlement communal le 1er juin, les Delémontains éliront cet automne, en plus du maire, quatre conseillers communaux, au lieu de six, et 41 conseillers de ville au lieu de 51.

Concernant l’exécutif, le projet est lié à la volonté de regrouper les trois services techniques (urbanisme, travaux publics et services industriels) en deux services. Comme chacun de ces services est dirigé par un conseiller communal, on a pensé qu’on pourrait répartir l’ensemble des tâches du Conseil communal sur cinq personnes au lieu de sept. La dotation totale en temps de travail, actuellement de 240 % (maire à 60 % et six conseillers à 30 %), ne serait pas modifiée. La nouvelle répartition n’est pas encore précisée.

Le projet a été accepté par 27 voix (PS et PDC) contre 22 (les autres). Evidemment, on peut voir des raisons arithmétiques à cela. Il y a quatre ans, le PS (33,5 %) obtenait facilement ses deux sièges et le PDC (17,6 %) le sien, tandis que radicaux,.chrétiens-sociaux et CS-POP se tenaient dans un mouchoir de poche autour de 13,5 % avec un infime avantage pour CS-POP. Le nombre de six conseillers permettait donc une répartition des sièges correspondant bien aux forces politiques.

L’opposition popiste

Du côté de CS-POP, l’opposition à la réforme n’est pas due à un simple calcul électoral, d’autant plus que ses chances d’obtenir tout de même un(e) élu(e) sont importantes. Lors des élections cantonales de 2006, CS-POP était le deuxième parti de la ville. Et il y avait pour la première fois la « concurrence » d’une liste des Verts, qui ont ensuite rejoint les députés CS-POP pour former un groupe parlementaire commun. CS-POP a notamment avancé deux arguments : les problèmes de disponibilités des éventuels candidats et les avantages d’une bonne représentativité des forces politiques. Actuellement, si les conseillers travaillent officiellement à 30 %, on sait que c’est souvent bien davantage et qu’il n’est déjà pas facile de concilier cela avec la vie professionnelle et familiale.

Les exécutif réservé à des célibataires et à des retraités ?

Pour des élus ayant des enfants à charge, augmenter encore le temps de travail communal ne serait guère supportable. Cela rendra plus difficile la recherche de candidats. Un conseiller de ville estimait que l’accès au Conseil communal tendrait ainsi à se limiter « aux célibataires et aux retraités ».

Réduire à quatre conseillers et ainsi probablement éliminer de justesse deux partis risque de pousser l’un ou l’autre, dans le but de reconquérir son siège, à faire parler de lui, par exemple par des référendums populistes. La politique communale risquerait de manquer de continuité.

Nous reviendrons dans une prochaine édition sur le problème de la diminution du nombre des conseillers de ville, ainsi que sur une proposition allant dans le même sens au niveau du canton, réduire le nombre de députés de 60 à 40.

Jean-Pierre Kohler