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Reportage TEMPS PRÉSENT de la RTS
"Quand je serai vieux, je serai pauvre"

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 Gauchebdo - N° 26 / 29 juin 2007 - La gauche à la rescousse des vendeuses

OUVERTURE DES MAGASINS : LE PARLEMENT DIVISE LA POIRE EN DEUX

mardi 3 juillet 2007

La loi sur les activités économiques veut uniformiser, au plan cantonal, les heures d’ouverture des magasins. La droite en profiter pour libéraliser à tout-va.

Leurs revendications allaient toutes dans le même sens. Ouvertures prolongée en semaine et le week-end, cinq nocturnes la semaine précédant Noël et possibilité d’ouvrir le 26 décembre.

La gauche (PS et CS-POP_Verts), qui devrait s’inspirer à l’avenir de son unité d’action dans ce dossier, refusait en bloc toute nouvelle dégradation des conditions de travail. Inutile de dire que l’affaire semblait bien mal emmanchée, la droite détenant une majorité confortable au Parlement.

Deux éléments ont joué en faveur de la gauche : le non-alignement systèmatique de certains élus de droite, notamment PDC, et la convention signée entre l’Union des commerçants des villes de Porrentruy et Delémont (qui représentent plutôt des petits détaillants) et Unia Transjurane. Cette convention prévoit au plus, un horaire prolongé le samedi jusqu’à 17h et cinq nocturnes. Point. L’UDC, entre autres, s’est appuyé sur cette convention pour orienter son vote.

L’argument des promoteurs de la libéralisation sans limite est récurrent : ouvrir plus pour contrer la concurrence des régions périphériques (notamment la France voisine) qui connaissent déjà des régimes plus étendus. Une mesure pour rendre notre économie plus attractive, pour résumer la pensée libérale. Toute opposition n’étant entendue que comme une volonté conservatrice archaïque.

Citoyen-consommateur

Autre argument incontournable : les habitudes des consommateurs changent, la société évolue, le politique doit s’adapter. Exit le débat et la résponsabilité du choix politique. La société marchande édicte les règles, le politique suit docilement et se contente de légiférer en fonction des désirs des consommateurs. Conception très actuelle du rôle de la politique !

La gauche à logiquement défendu les travailleurs et leurs conditions de tavail. Le représentant de CS-POP-Verts est allé plus loin en analysant les sratégies qui se cachent derrière cette volonté de libéraliser : "Ces propositions ne s’inscrivent pas dans la réalité, elles visent à induire des changements de comportements, elles ne correspondent à aucun besoin économique, social et culturel. Elles contreviennent au principe de développement durable que l’Etat semble vouloir inscrire dans les lignes directrices de son action... Avec des implications sociétables importantes. Le souhait est que chaque citoyen soit, à n’importe quel moment de la journée, de la semaine ou de l’année, en position de consommer. Une métamorphose est en passe de se réaliser, l’effacement progressif de la dimension citoyenne de l’individu au profit de sa seule dimension de consommateur..."

Au final, la gauche, les syndicats et le personnel de vente peuvent être satisfaits : certes le samedi va se prolonger jusqu’à 17h et cinq nocturnes seront appliquées avant Noël. Cependant la fermeture des soirs de semaine sra maintenue à 18h30 (au lieu de 19h voir 20h pour les libéraux) et le 26 décembre restera un jour de repos pour le personnel de la vente.

Comme un samedi

Mis à part les propositions émanant de la commission de l’économie, deux propositions du groupe CS-POP-Verts étaient reprise en plénum. La première, proposant d’assimiler les 24 et 31 décembre à des samedis, était présentée comme proposition de majorité de la commission et du Gouvernement. Le Parlement l’acceptait très clairement.

La deuxième reprenait, mot pour mot, le réglement communal de Delémont qui instituait un demi-jour de fermeture supplémentaire, le lundi ou le mercredi. Refusé par la majorité du Parlement.

La mairesse de Bassecourt, Françoise Cattin, ne cachait pas sa colère au terme du débat parlementaire. Il faut dire que l’élue PCSI a fait preuve de beaucoup de zèle dans la mise en application des demandes de la grande surface(COOP)établie dans sa commune. Petit détail de l’histoire : ce centre commercial n’aurait jamais dû voir le jour à cette endroit. Comme le rappelait le député popiste Rémy Meury, le plan directeur attribue exclusivement aux deux pôles économiques que sont Porrentruy et Delémont, l’implantation de ce type d’activités économiques. Oubli ? Dérogation ? Ou simplement petit arrangement entre amis, comme on sait parfaitement les trouver dans ce si convivial Canton ?

La Coop grande perdante

Ceci dit, Coop Bassecourt est la grande perdante dans ce débat. Son ouverture en semaine jusqu’à 19h est ramenée à 18h30, celle du samedi jusqu’à 18h est ramenée à 17h et l’ouverture du 26 décembre, nouveauté absolue dans le Jura, lui est interdite. Assez savoureux quand on songe que l’ensemble des réformes invoquées par la droite se référait aux pratiques de cette grande surface.

Une demi-victoire pour la gauche et le personnel de la vente. En attendant la deuxième lecture.

Pierluigi Fedele