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 Gauchebdo - N° 25 / 22 juin 2007 - Un échec évitable ?

jeudi 28 juin 2007

Désavouant le Parlement, les Jurassiens refusent pour la deuxième fois d’introduire l’égibilité des étrangers dans les exécutifs communaux.

Les Jurassiens ont refusé pour la deuxième fois l’éligibilité des étrangers dans les exécutifs communaux. Par rapport à 1996, le oui a légèrement progressé (de 47,2 à 49 %). Le nombre de communes acceptantes, dont les trois chefs-lieux de district, a passé de 26 à 32 (sur 83).

L’UDC était le seul parti qui préconisait le non, mais les préférences partisanes habituelles n’ont pas joué partout un rôle important, puisque les grands villages voisins de Delémont, où le PS est électoralement fort, refusent assez nettement le projet, tandis que plusieurs villages habituellement plus conservateurs l’acceptent.

Erreurs tactiques ?

Le score serré laisse penser qu’on aurait pu éviter cet échec. En refusant de décider lui-même de consulter le peuple, comme l’UDC l’avait demandé (mais le PS y avait aussi songé, puis renoncé), le Parlement a permis aux opposants, par la récolte des signatures, de commencer la campagne plus tôt que les autres et de dire aux gens : « Ils veulent imposer ce que le peuple a refusé, sans lui demander son avis ». On ne peut pas affirmer que le résultat aurait été inversé, mais on a ainsi favorisé l’efficacité de la campagne des opposants.

Certains se demandent aussi si le Parlement n’a pas pris un trop grand risque en incluant la mairie dans les fonctions accessibles aux étrangers, estimant qu’on aurait dû se contenter d’abord d’un plus petit pas, mais assuré, plutôt que de prendre le risque d’une nouvelle défaite.

L’exemple neuchâtelois montre que certaines personnes acceptent une partie des droits politiques des étrangers, mais pas d’autres. Et il n’y aurait probablement même pas eu de vote, puisque l’UDC avait déclaré qu’elle ne lancerait pas de référendum si on renonçait au droit d’éligibilité à la mairie. Mais les résultats de la procédure de consultation auprès des communes, nettement plus favorables qu’il y a onze ans, permettaient de penser que les esprits avaient suffisamment évolué. Et au Parlement, le projet avait été accepté par 51 voix contre 4.

Après ce deuxième refus, il faudra attendre de nombreuses années avant de revenir sur le sujet. Les communes ont toujours plus de mal à trouver des personnes qui acceptent de siéger dans les exécutifs, et ce n’est en général pas sur ceux qui veulent empêcher une partie de leurs concitoyens d’y accéder qu’on peut trouver des volontaires.

Jean-Pierre Kohler